Tiré de Inf'OGM
Des chercheurs du Criigen, de l’Université de Caen et de Rouen ont analysé les données présentées par Monsanto pour les demandes d’autorisation des maïs Mon810, Mon863 et NK603, trois maïs GM autorisé commercialement dans l’UE pour l’alimentation. Le maïs Mon810 est aussi autorisé à la culture dans l’UE. Selon l’article qui vient de paraître [1], les données mêmes de Monsanto montrent des effets secondaires de ces trois maïs sur la santé de rats les ayant consommés. Le foie et les reins sont les principaux organes touchés, mais de manière différente selon les maïs GM consommé, tout comme le cœur, les surrénales, la rate et les globules sanguins. Pour le Criigen, qui explique être parti des données complètes de Monsanto et non des seules conclusions présentées par Monsanto [2], les avis favorables à la commercialisation de ces maïs, donnés par les experts de l’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa), et les experts français de l’Afssa ou de la CGB ne sont donc pas valables car « ils n’ont pas analysé eux-mêmes dans le détail les statistiques » [3]. Le Criigen avait déjà publié, en 2007 [4], une lecture différentes des données de Monsanto concernant le maïs Mon863. Le rapport concluait déjà à des effets secondaires négatifs sur la santé, sur base des données mêmes de Monsanto. Mais pour Marc Lavielle, un mathématicien membre du Haut conseil des biotechnologies (HCB), le Criigen était resté dans le même cadre de procédure que Monsanto, et ses résultats n’en n’étaient pas plus fiables. Pour ce scientifique, l’important étant de « fonder un cadre d’analyse statistique qui mette tout le monde d’accord, s’entendre sur une méthodologie commune qui permettrait de sortir de la suspicion généralisée » [5]. Sur la présente étude, le Pr Lavielle souligne qu’il lui parait paradoxal de « dénoncer d’un côté l’insuffisance des tests conduits par Monsanto et de conclure à des effets secondaires sur la base de ces tests » [6]. Mais il ajoute surtout que le constat d’insuffisance des tests est partagé, tant au niveau français qu’européen puisque « l’ensemble des autorités européennes et nationales sont conscientes du besoin d’analyses statistiques plus convaincantes, l’Efsa ayant d’ores et déjà publié de nouvelles lignes directrices et l’Afssa travaillant sur cela ». Mais pour le Pr Séralini et le Criigen, ces instances d’experts posent également problème, allant jusqu’à souligner : « le conflit d’intérêt et l’incompétence de ces comités [Efsa, Afssa, CGB] pour contre expertiser la présente publication ; parce qu’ils se sont déjà prononcés positivement sur les mêmes tests en négligeant les effets secondaires » [7].