|
Une enquête étatsunienne révèle du miel contaminé aux États-Unis
Source: Seattle Post-Intelligencer | 25 janvier 2009
 Journaliste du Seattle P-I : ANDREW SCHNEIDER, P-I SENIOR CORRESPONDENT
Les producteurs de miel sont au désarroi : trop souvent, on camoufle du miel importé, ce qui est immoral, non éthique et même illégal.
Il est simple d’identifier le miel contaminé et ca ne prend pas un héro pour faire ce que l’on peut pour garder ce miel contaminé hors de noter circuit alimentaire, dit Mark Brady, un apiculteur qui siège sur le « National Honey Board ».
Aux États-Unis, les deux tiers du miel consommé est importé et la moitié de celui-ci, peu importe ce qui est indiqué sur l’étiquette, provient de la Chine selon une enquête effectuée par le Seattle P-I.
Cette enquête qui s’est échelonnée sur cinq mois portait sur le “blanchissage du miel”, c’est-à-dire d’intentionnellement modifier le pays d’origine sur les étiquettes. On y a découvert que des tonnes de miel en provenance de la Chine étaient contaminées par un antibiotique banni.
Lorsque l’industrie découvre de tells cas de contamination lors de tests faits par les importateurs à l’interne, les instances de santé publique et les douaniers ne sont pratiquement jamais avisés et le miel retourne sur le marché.
Selon Kenneth Haff, président des producteurs de miel étatsuniens, cette pratique est inadmissible
"On ne veut pas que ce miel se retrouve embouteillé et vendu pour consommation humaine”, dit M. Haff qui croit que l’industrie pourrait régler ce problème si les entreprises alertaient le “Food and Drug Administration” lors de la découverte d’un envoi de miel contaminé.
Plusieurs empaqueteurs retournent tout simplement le miel à l’importateur, croyant naïvement que celui-ci détruira le miel et ne le revendra pas sur le marché.
Selon M. Haff: "On court le risqué que l’importateur essaie de revendre ce même miel à un prix plus bas ailleurs".
Ce qui arrive bien trop souvent. Des documents de la Cour, obtenus par le journaliste du Seattle P-I après l’arrestation de deux dirigeants d’un distributeur allemand, révèle combien la vente et la revente de miel contaminé est une pratique courante.
Les témoignages offrent une image de la façon de procéder: on vend le miel à un producteur étatsunien; l’empaqueteur teste le produit et trouve des traces d’antibiotique. L’importateur reprend le miel et le revend à un empaqueteur qui ne teste pas pour des contaminants.
Le reportage démontre que les papiers d’importation de miel étiqueté comme provenant de l’Inde était vendu à des empaqueteurs étatsuniens , dont un des plus grands distributeurs, Sue Bee Honey Association.
L’entreprise affirme que 315 apiculteurs fournissent 60% des 40 millions de livres vendus par l’entreprise chaque année. Le reste est importé. Pour protéger les consommateurs, l’entreprise teste intensivement le miel importé, retrouvant des chargements de miel contaminé au chloramphénicol, l’antibiotique illégal, environ tous les mois.
Lorsque retrouvé, on renvoie le miel au courtier qui l’a importé. On ne le déclare pas au FDA.
Plusieurs membres de la coopérative ne sont pas d’accord avec cette pratique. Retourner ce miel sur le marché est une erreur; cette problématique a été soulevée dans les années passées, mais l’entreprise a refuse de changer sa façon de faire. “ce n’est pas notre miel, puisque techniquement, c’est le miel de l’importateur jusqu’à ce que nous ayons payé pour”, avise le président de Sue Bee. “Nous n’avisons pas le gouvernement puisque nous n’avons pas de titre de propriété à son égard”.
Les experts médicaux s’entendent pour affirmer que les contaminants dans le miel son tune problématique de santé. Un certain nombre de personnes peuvent tomber malade ou même en mourir en consommant que des traces de cet antibiotique banni, avise la FDA dans ses alertes d’importation sur le miel chinois.
Les gens qui souffrent d’hypersensibilité aux quinolones, une classe d’antibiotiques “flox” que l’on retrouve dans ces miels. Une de ces personnes sensible affirme qu’un infime montant lui donne des souffrances terribles, l’insomnie et des tics.
Le National Honey Board, un groupe créé par le département d’agriculture des États-Unis, a envoyé un courriel à ses membres en 2006 les avisant que du miel contaminé avait été retrouvé dans les supermarché. Deux échantillons étaient positifs pour le ciprofloxacin à des niveaux de 14.07 et 5.61 ppb.
Pourtant, son président affirme que ce n’est pas la tâche du National Honey Board de faire de tels tests ou avis. Après avoir nié connaître ce courriel, il a affirmé que ce n’était pas à son organisme d’aviser les agences de santé de cette problématique.
Pourtant, c’est dans les intérêts de l’industrie du miel de s’assurer que le miel contaminé ou adultéré ne vienne pas concurrencer les produits légitimes qui sont fabriqués par les apiculteurs de qualité, affirme Martin Sutsman qui est à la tête des efforts du FDA pour trouver les produits alimentaires adultérés.
Des camionneurs affirment apporter des lots de miel aux empaqueteurs : ce miel ne provient pas d’abeilles canadiennes mais les étiquettes affirment que le miel est du Canada et des États-Unis. Certains apiculteurs ont avisé les agences fédérales et des États, mais rien ne semble être fait.
Pour lire la série qui enquête sur la fraude de miel, visitez le site de SEATTLEPI.COM seattlepi.com/specials/honey Traduit par Elyse Rémy |